Depuis 1877 les sons sont enregistrés et reproduits mécaniquement

Cylindre en cire

Après la feuille d’étain placée sur un tambour, Thomas Edison utilise des cylindres en cire pour des enregistrements sonores. Ce système a été utilisé de 1880 jusqu’au début du 20e siècle.

Ce format consistait en un enregistreur par gravure d’un sillon sur un tube rotatif en cire molle avec une aiguille qui vibrait sous l'effet de la pression du son recueilli sur une membrane placée à l’extrémité d’un cornet. Ces cylindres étaient très fragiles.

 

Gravure verticale

Le stylet qui grave les sons se déplace de haut en bas et trace un sillon de profondeur inégale, dépendant de l’intensité de la vibration engendrée par la voix ou la musique ambiante. Le profil du sillon sera celui de vagues avec ses creux et ses bosses.  La lecture se fera alors par l’intermédiaire du stylet arrondi qui va suivre les dépressions.

Cette gravure verticale est celle de tous les cylindres et de certains disques. Très souvent le stylet est un saphir pratiquement inusable appelé : aiguille.

 

Gravure latérale

Dans un sillon de profondeur constante, la vibration des sons est inscrite latéralement par gravure du stylet enregistreur. Pour la lecture, il est nécessaire d’employer une pointe qui suit les méandres de l’enregistrement. Ce système est celui des disques à aiguille métallique ou plus tard à diamant.

 

Gravure duale

Les disques enregistrés en stéréophonie le sont par un procédé d’empreintes à 45° de part et d’autre du sillon cela afin d’obtenir deux signaux destinés aux deux empreintes sonores. Les disques sont dits " microsillon", ils sont en vinyle et l’aiguille est un diamant qui s’use très peu.


Vitesse de rotation des phonogrammes

Cylindres :  

 

 

anciens en cire brune   80 tours / minutes
noirs moulés, amberols  160 tours / minutes
pour appareils de bureau, dictaphones 80 tours / minutes
diamètres 5.5 à 8.7 cm

 

Boîtiers de cylindres de 8,7 et 5,5 cm de diamètres
Cylindres de 8,7 et 5,5 cm de diamètres

 

Disques :  

 

 

Pathé à saphirs   de 80 à 120 tours / minutes
à aiguille (Gramophone) de 60, 67, 71, 75, 80, 103 et 110 tours / minutes
électrophone 78 tours / minutes
vinyle 33 1/3, 45 et 16 tours / minutes
diamètres 12 à 80 cm cm

 

à saphirs
disque à gravure verticale   
à aiguille
disque 78 tours/min à gravure latérale
   
électrophone
disque 33 1/3 tours vinyle
vinyle
disque 45 tours/min

Sens de lecture des disques :

-  dans le sens des aiguilles de la montre sont les plus courants

-  dans le sens inverse des aiguilles de la montre

-  de l’extérieur à l’intérieur, ils sont les plus courants

-  de l’intérieur à l’extérieur

 

Cassette Tefifon :                                                            

-  bande synthétique flexible sans fin enroulée de 1,6 cm de largeur

-  cassette de 13/16/5 cm

-  lecture par une aiguille                                                

-  pour musique préenregistrée


Cassette Tefifon

 

Temps d’enregistrement :

Cylindre 2 à 4 minutes
Disques 78 t/min  3 à 5 minutes
Disques 33 t/min 20 à 60 minutes
Disques 45 t/min 8 minutes
Disques 16 t/min 40 minutes
Cassettes Tefifon 240 minutes

 

Recommandations :
1) Attention d’évaluer correctement le support avant de l’écouter car se tromper d’appareil c’est détruire le document.

2) Les disques sont en chlorure de polyvinyle ou PVC. Ce plastique est hautement polluant, en brûlant, car il dégage de l’acide chlorhydrique et de la dioxine.

3) Il a aussi été fabriqué des disques en métal : aluminium ou en acier. Il ne faut pas les lire avec une aiguille en métal car ils vont s’user très vite.

 

Chronologie et périodes :

Cylindres en cire et nitrocellulose 1886 à 1950
Disques divers,  gomme-laque 1894 à 1960
Disques 78 tours/minute  acétate 1920 à 1950
Disques 78 tours/minute  vinyle 1930 à 1960
Cassettes Tefifon, synthétique 1950 à 1960
Disques 33 tours vinyle 1948 à 1982
Disques 45 1960 à 1983
Disques 16 1956 à 1960

 

Le nettoyage des disques :

L'électricité statique, attire à sa surface les particules de poussière en suspension dans l'air.
Il faut impérativement nettoyer les vieux disques qu'il s'agisse de 78 tours ou de microsillons tout d'abord pour préserver les diamants de la poussière contenue dans les sillons. Elle est formée d’éléments abrasifs et de plus afin d’éliminer tous les bruits parasites qui peuvent être produits.
Les petites brosses en fibres de carbone sont utiles pour un dépoussiérage sommaire des disques propres, mais ce n'est pas suffisant pour les vieux disques sommairement entreposés. Seul un lavage à grande eau peut les débarrasser des saletés incrustées dans les sillons. L'eau tiède maximum 18 °C déminéralisée additionnée de quelques gouttes de liquide à vaisselle.
Jamais au grand jamais d'alcool ou autre solvant qui dissoudraient irrémédiablement la gravure ! Jamais non plus d'eau chaude qui gondolerait les disques !
Rincer les disques jusqu'à élimination de toute trace de détergent. Il restera encore de l'humidité au fond des sillons, c'est pourquoi il faudra les laisser à l'air, mais pas en plein soleil, plusieurs heures jusqu'à ce que toute l'humidité soit partie. Attention que l'immersion totale des disques risque de faire décoller ou déformer l'étiquette centrale. Il faut aller vite mais ce problème est rare. Ne jamais remettre un disque dans sa pochette avant que l'étiquette ne soit parfaitement séchée.

Attention avec les cylindres de couleur brune, ils sont en cire donc plus fragile à la chaleur.

Une autre méthode qui peut-être complémentaire consiste à utiliser des bains ultrasons ce qui permet d’être plus efficace jusque dans les petites cavités du support, mais il faut être équipé.

 

Les graves dommages :

Si le support a été mécaniquement endommagé il devient très difficile de revenir en arrière.

Quatre catégories :

1.- Rayures, visibles avec une loupe

2.- Casse, en divers morceaux

3.- Déformation

4.- Atteinte par des champignons, marques blanches, moisissures et mycoses.

Il faut alors examiner la valeur réelle de l’archive. Les rayures peuvent être sauvées par des traitements numériques du signal audio. La casse demande des traitements informatiques plus lourds donc plus coûteux. Les moisissures peuvent atteindre le document totalement et de façon irréversible suivant l’ampleur du dégât. Les marques de doigts peuvent provoquer des mycoses, traces blanchâtres.

 

Disques fortement endommagés :

La casse, les moisissures, les déformations  et l’usure peuvent faire que le disque ne peut plus être lu mécaniquement correctement car il y a disparition du sillon ou de sa continuité. Dans un tel cas seul la photographie puis le scannage et enfin le traitement informatique peut arriver à un résultat probant. Il est évident qu’une telle opération a son coût.


Sillons d’un disque à gravure latérale

distance entre les traits sur la droite = 1mm

 

Le stockage :

Stocker vos disques dans un endroit bien ventilé, à température et degré d'humidité modérés et stables.
L'humidité comme les moisissures peuvent attaquer la pochette en papier comme le vinyle. Les moisissures se développent rapidement d'un disque à l'autre s'ils sont empilés, parfois même à travers la pochette en papier, elle-même contaminée.
Les disques vinyles sont sensibles aux ultraviolets et aux variations de température.
Ne jamais laisser vos disques près d'une source de chaleur, à la lumière ou encore à l'air libre. Sa pochette en carton ne le protège pas de la chaleur. Il est donc important de les conserver dans leur emballage d'origine qui comprend la pochette principale et une pochette intérieure en papier.
Enfin, ne pas empiler les disques, mais les ranger verticalement, par box, légèrement serrés et jamais en position oblique, au risque de les déformer.

 

Les systèmes :

Les divers modèles évoqués ne forment pas une liste exhaustive des inventions, ce sont simplement les plus courants.

 

L’écoute :

Dans le but final, les précautions à prendre pour une bonne reproduction d'un disque ancien dépendent de trois systèmes : mécanique, électrique et optique.

Mécanique : lire les disques selon les méthodes de l'époque, c'est à dire à l'aide d'une tête mécanique d’un appareil de reproduction ancien, ce qui n’est pas sans risque. Le poids de la tête de lecture est relativement lourd et cela engendre une usure du disque. N'oublions pas qu’il faut changer l'aiguille à chaque face, sans cela, le disque est rapidement "usiné" et le bruit de fond augmente.

Electrique : lire ces documents à l'aide d'un équipement plus moderne, l’électrophone ou le signal mécanique est traduit en signal électrique. Lire un disque des années trente avec un appareil haute fidélité moderne n'est pas une hérésie, au contraire, beaucoup d'informations sont alors restituées. Le diamant utilisé n’a plus besoin d’être changé et la qualité sans ressent. Cependant pas toutes les platines ont des variateurs de vitesse qui permettent de modifier et d’ajuster la bonne vitesse du disque.

Optique : divers systèmes consistent à lire optiquement le sillon du disque sans toucher le support. Evidement cela est génial mais plus coûteux.

©  J-M Nicolas