Histoire de la radiodiffusion

 

Avant de tenter de retracer l’évolution d’une nouvelle technique, il faut tout d’abord déterminer son point de départ, ce qui est loin d’être chose aisée dans le cas de la radiodiffusion sonore. Il aura fallu les efforts de nombreux pionniers avant que la découverte de la transmission ou de la radiodiffusion du son ne puisse être attribuée à une personne en particulier.


G. Marconi

C’est le nom de Marconi qui vient immédiatement à l’esprit de la plupart des gens, du moins dans l’hémisphère nord, bien que l’idée physique et le modèle mathématique en reviennent plutôt à Maxwell, le premier embryon de vie à Hertz, l'antenne à Popov et la paternité à proprement parler à Marconi. L’émetteur de Hertz se composait d’une bobine d’induction reliée à deux plaques métalliques entre lesquelles était placé un éclateur. Lorsque le condensateur était suffisamment chargé, il se produisait une décharge dans l’éclateur, ce qui provoquait une variation soudaine du champ électrique, qui entraînait à son tour la création d’un flux magnétique. Le récepteur était constitué d’un anneau métallique ouvert, dont les deux extrémités ne se rejoignaient pas tout à fait. Les petites étincelles passant d’une extrémité à l’autre permettaient de détecter le signal.

Cet équipement avait une portée de quelques mètres seulement. Des améliorations ont bien permis de repousser ces limites jusqu’à atteindre quelques centaines de mètres, mais ce n’est que lorsque Marconi a eu l’idée de relier une extrémité de l’équipement au sol (terre) et l’autre à un fil d’antenne extérieur qu’il a été possible de la porter à 2 km environ, ce qui représentait un bon spectaculaire. Cette distance n’a cessé d’augmenter jusqu’à ce que, en 1901, les deux côtés de l’océan Atlantique soient reliés entre Poldhu, en Cornouailles (Angleterre), et Saint John’s, à Terre-Neuve (Canada) sous l’initiative de Marconi. Comparée aux équipements antérieurs alimentés par accumulateurs, la station de Poldhu était énorme. Un alternateur Mather and Platt de 25 kW, alimenté par un moteur Diesel Hornsby-Ackroyd de 32 CV fournissait une tension de 2'000 V à 50 Hz.

La tension a été portée à 20'000 V pour alimenter le circuit oscillant dans lequel un condensateur se déchargeait, par le biais de l’éclateur habituel, dans l’enroulement primaire d’un transformateur RF. La longueur d’onde était estimée à 366 m environ, soit 820 kHz.

A ce stade, toutes les transmissions avaient été télégraphiques. Les tentatives de téléphonie s’étaient limitées à brancher un « microphone à refroidissement à l’eau recouvert d’amiante » en série sur l’antenne d’un émetteur à arc continu.

La première transmission radio a probablement été l’œuvre de Nathan B. Stubblefield, inventeur excentrique tombé depuis lors dans les oubliettes de la science, qui a fait la démonstration en 1892 d’un phénomène étrange: la transmission vocale sans fil d’un bout à l’autre de la grande place de Murray, dans le Kentucky. Il est malheureusement mort dans la misère en 1928, mais l’épitaphe gravée sur sa tombe au cimetière de Murray nous rappelle qu’il a été le " père de la radiodiffusion ", il serait bien de dire " père de la radiodiffusion sonore ".

Ces premières émissions radio ont toutes été réalisées sans tube et a fortiori sans transistor

C’est en 1899 que Guiglielmo Marconi a pris à son service le Dr Sir John Ambrose Fleming, lequel a commencé en 1904 à travailler sur un nouveau type de détecteur sur la base de ses anciens travaux, qui avaient consisté à placer une feuille métallique à l’intérieur d’une ampoule électrique afin de tenter de réduire la décoloration se produisant à l’intérieur du verre. Il a découvert qu’en faisant passer une tension électrique alternative par la feuille, le courant circulait dans un sens. La diode à vide était née. Deux ans plus tard, l’inventeur américain Lee de Forest a ajouté à la diode une troisième électrode appelée gridiron ou grille de commande et a breveté ce dispositif, censé permettre d’amplifier les signaux faibles.

Par la suite, un contentieux concernant le brevet de ces deux inventions a opposé Marconi Co. et de Forest. La procédure, qui a duré des années, leur a coûté une fortune. En fait, ce n’est qu’en 1913/1914 que les progrès techniques réalisés en matière de tubes ont permis de commercialiser la triode.

En 1874, Karl Ferdinand Braun découvrit les propriétés semi-conductrices de la galène : le contact entre une pointe métallique et un cristal de sulfure de plomb, appelé galène peut former ce qu'on appelle aujourd'hui une diode Schottky. En 1906, il utilisa cette propriété qui permet la détection du signal vocal depuis le signal de la porteuse haute fréquence. Le fameux poste à galène est né. Cette découverte lui valut le prix Nobel de physique qu'il partagea avec Guglielmo Marconi en 1909.

 


Emetteur à Chelmsford

En 1920 H.J. Round, de Marconi.Co. a mis au point des tubes plus grands. Ils ont permis de construire des émetteurs plus puissants à Chelmsford. Comme les essais de portée se limitaient à une ennuyeuse litanie de noms de gares de chemin de fer, Round et Ditcham ont mis à profit les talents musicaux d’un certain nombre d’employés de la compagnie. Les expérimentateurs ont reçu 214 rapports élogieux, envoyés de distances allant jusqu’à 2'334 km.

L’histoire de la radiodiffusion britannique a connu un tournant à l’occasion de la première émission radio d’une artiste célèbre, Dame Nellie Melba, qui, le 15 juin 1920, a donné un concert historique de 30 minutes en direct des installations de Chelmsford. Dans les jours qui ont suivi, une pluie de lettres enthousiastes provenant des quatre coins du monde s’est abattue sur Chelmsford. Dame Nellie a reçu mille livres de rémunération pour sa peine (payées par le quotidien anglais The Daily Mail).

Les diffusions expérimentales se sont poursuives à partir de Writtle, près de Chelmsford, indicatif d’appel 2 MT « Emma Toc », avant que l’émetteur 2LO, situé au siège de Marconi sur le Strand à Londres, n’entre en service. Le 18 mai 1922, quelque 400 fabricants potentiels se sont vu proposer la création d’un consortium destiné à mettre la radiodiffusion sous le contrôle d’une compagnie unique. C’est ainsi qu’à vu le jour la British Broadcasting Compagny (qui deviendra par la suite la British Broadcasting Corporation), avec un capital initial de 100.000 £.

Voix de Marconi
Voix de Marconi

Les fondations étaient posées, les éléments de base disponibles et les règles d’exploitation maîtrisées

 

Consulter le site de la Fondation Marconi qui vous donnera plus d'informations sur son passage à Salvan

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